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Chu Teh-Chun - Fateh Moudarres
Du 9 au 30 Mai 2023

MOUVEMENTS DE VÉRITÉ

Nous avons choisi à l’occasion des grandes expositions de ce Printemps à Paris, de présenter un dialogue entre deux artistes d’une même grande sensibilité : CHU Teh-Chun et Fateh MOUDARRES qui ont travaillé successivement sur les mêmes périodes, quittant leur pays pour la France. Tous les deux aimaient la France et la France les aimait.

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Fateh Moudarres

Né dans un village alépin en 1922, Fateh Moudarres est influencé par les paysages de son enfance éprouvés par les éléments. Après une formation à l’académie des Beaux-Arts de Rome, de 1954 à 1960, il retourne ensuite en Syrie pour y diriger un atelier de peinture à l’Université des Beaux-Arts de Damas, où il vivra jusqu’à son décès en 1999. De 1969 à 1972, il étudie également à l’école des Beaux-Arts de Paris.

 

Sa première exposition personnelle se tient à Damas en 1950 et a exposé dans le monde entier (Paris, Rome, Berlin, Vienne, Beyrouth, Washington, Alexandrie, Moscou…) depuis.

Ami des poètes (Adonis, Mahmoud Darwich, Cherif Khaznadar), Moudarres

est aussi l’auteur de recueils de poèmes. Son œuvre convoque un univers de mythes ancestraux, l’héritage fertile des civilisations antiques mésopotamiennes ainsi que l’histoire de son peuple. Chez l’artiste, l’Homme est profondément lié à la terre et occupe la place de messager entre les mondes matériel et spirituel. La femme n’y est jamais absente, figure archétypale de la perpétuation de toute Vie, elle devient icône offerte à l’adoration par l’emploi de la feuille d’or. Une œuvre polysémique et universelle dans laquelle nous sommes invités à plonger.

Clotilde Scordia

Historienne de l’art

Fateh Moudarres dans son Atelier

© courtesy of Rania Moudarres 

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Fateh fait partie des rares artistes qui ont réussi à régénérer le surréalisme au service d’une quête existentielle, démontrant son attachement à sa terre. Il nous livre de magnifiques paysages de la

Syrie éternelle.

Porte-drapeau de l’art moderne en Syrie, Il étudie aux Beaux Arts de Paris, pendant trois ans et rencontre le milieu intellectuel parisien dont Jean-Paul Sartre.

Fateh Moudarres donne vie à une réalité intérieure, très attaché à une féminité intemporelle, ses personnages semblent issus des rêves, à travers l’amour de sa femme et la tendresse pour sa mère.

La peinture de Fateh est d’une prodigieuse intensité où les couleurs se confondent avec les mots. Ses paysages sont d’une beauté polyphonique et de résonance sidérale. Il s’est emparé, au hasard de ses voyages, du rejet des illusions et des mystifications pour capter les temporalités intenses de la vie à l’ombre des violentes tragédies politiques sillonnant le moyen Orient présentes et futures. 

Ses pulsions créatrices mêlent peinture, musique et poésie, passé et présent, histoire et imaginaire,  Orient et Occident.

Chacune des œuvres de Moudarres raconte une histoire, elle est un maillon d’une immense encyclopédie de l’homme et de ses rapports avec la nature, son histoire, ses traditions et ses tentatives d’échapper au poids de tout cela réunit. Il dispense un message universel de foi en l’être humain, un voyage au-delà des frontières, par delà la mort.

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Chu teh-Chun

Fils et petit-fils de médecins, lettrés et collectionneurs de calligraphies et peintures chinoises, Chu Teh-Chun est le cadet de trois fils.

Il entre en 1935 à l’école des beaux-arts de Hangzhou. Il y fait plus de cinq cents aquarelles de paysages dans le style traditionnel chinois. Il pense s'orienter vers cette peinture, mais l'école de Hanzhou n'ayant pas de section peinture chinoise, il se dirige finalement vers la peinture occidentale.

En 1949, il s’installe à Taïwan, où il enseignera la peinture occidentale à l'université normale nationale. En mars 1955, Chu Teh-Chun embarque de Taïwan pour l’Europe, en compagnie de sa femme, Tung Chi-Chao, artiste comme lui. Au cours de ses voyages il parcourt de nouveaux lieux : Hong Kong, Saïgon, Ceylan, Djibouti, Le Caire etc…

Il débarque en Mai 1955, à Marseille, dans le parcours de Chu Teh-Chun c’est un lieu symbolique, le début d’une nouvelle vie : le quartier de l’Estaque, qui a connu nombre des grands artistes que Chu Teh-Chun admirait, le panorama sur la mer faisant écho à la puissance des paysages qui ont imprégnés son travail en Chine.

 

En 1956, il découvre l’art abstrait, notamment la rétrospective Nicolas de Staël. De 1956 à 1961, il rencontre ses premiers succès à Paris, sa réputation se propage à l’étranger à l’occasion d’expositions au musée de Pittsburgh, à Jérusalem, Athènes et en 1969 la Biennale de Saô Paulo. 

En 1976, il renoue avec la calligraphie qu’il a pratiquée dans sa jeunesse.

L’Association française artistique organise une exposition rétrospective de ses œuvres, diffusée de 1997 à 1998, au musée des beaux-arts de Pékin, puis de Hong-Kong, de Kaohsiung (à Taïwan).

En 2002, il crée La Symphonie festive pour le hall d’entrée de l’opéra de Shangaï. 

Entre 2006 et 2008, il travaille à la manufacture nationale de Sèvres où il réalise des céramiques, qui seront exposées au musée Guimet à Paris.

En 2010, une grande rétrospective lui est consacrée, alors qu'il a 90 ans, au musée national de Chine à Pékin.

Chu teh-Chun accomplit la synthèse idéale entre la peinture chinoise classique et l’abstraction occidentale dans un style très personnel, il repousse avec grâce les limites du réel et de l’irréel et réussit à réconcilier avec volupté la peinture, la musique et la poésie.

En 1997, CHU Teh-Chun est élu à l’Académie des Beaux-Arts de Paris, premier français d’origine chinoise à siéger sous la coupole. « Il est le seul peintre de sa génération à être allé aussi loin dans sa recherche pour créer une symbiose de ses deux cultures » explique François CHENG, poète, essayiste et romancier, grand ami de Chu. Dans la tradition de la peinture chinoise, CHU Teh-Chun transcrit ses pensées et ses émotions en mettant en scène l’harmonie entre l’homme et la nature. Grâce à sa découverte de la peinture occidentale, dès 1955, il se libère de la figuration, enrichit sa palette d’une immense variété de nuances devenant maître dans l’art de combiner les couleurs et intègre la lumière dans ses tableaux.

Artiste prolifique, il a réalisé plus de 2.500 huiles sur toiles, des œuvres sur papier, des lavis, des calligraphies et des céramiques.

 

Chu Teh Chun quitte traditions et conventions de sa vie en Chine pour partir à la découverte de Paris, décrite dans les années 60 comme « la ville de la vie ».

Maître de l’abstraction lyrique, laissant libre cours à l’inspiration spontanée dans un « paysagisme abstrait ». Il deviendra membre de l’Institut, Académie des Beaux Arts, en 1997.

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